Bas les masques

De l’art du portrait au 16e siècle

« La douceur des mœurs et la convenance des manières et des paroles sont plus utiles que les vertus proprement dites quand on est en société, parce que les vertus se mettent rarement en œuvre » (penseur florentin, autour de 1545 dans Bronzino de Maurice Brock, p.66).

Madame Vasari, 2010, 32*46

Certains se demanderont pourquoi je prends toujours des références aussi anciennes pour évoquer des concepts aussi actuels : les anciens n’avaient en effet, pas une manière si différente de la nôtre de briller sous les projecteurs. Ils transformaient leur image, se représentaient avec des « masques » de bienséance… les portraits de l’époque relevaient plutôt d’un manège amoureux qui ne devait pas grand-chose aux vertus ou à l’intériorité. Heureusement qu’ils n’avaient pas le son ! On se serait retrouvé devant une de nos bonnes émissions de télé-réalité préférées.

Est-ce que, comme on le pensait au 16e siècle, les peintres (ne peuvent) qu’imiter principalement l’extérieur, à savoir les corps et l’allure des choses ; aux poètes l’intérieur, à savoir les concepts et les passions de l’âme ? Je répondrais, plutôt faux. On oublie les passions de l’âme du peintre. Un de mes professeurs de nu aux Beaux Arts m’avait dit « On peint comme on est ». Cette Madame Vasari, inspirée de la vraie Madame Vasari, peinte sur un des murs de sa maison d’Arezzo par son mari, est-ce vraiment Madame Vasari ou une image travestie de moi-même ?

Fresque un art par Minh Hanh Maudoux http://fresquemoderne.wordpress.com

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