Tourisme à la chapelle Sixtine

Demander « aux sculpteurs de peindre des plafonds – et pourquoi pas de frotter les parquets ? »

Lorsque Michel-Ange fut mandaté par le Pape Jules II pour travailler à la rénovation du plafond de la chapelle Sixtine,  il pensait torcher le boulot en 6 ou 7 mois, pour revenir à des occupations « plus nobles ». Mais les travaux durèrent jusqu’en 1512, c’est-à-dire 4 ans.

Un passage de Michel-Ange face aux murs d’Armand Farrachi, décrit les difficultés de la technique de la fresque, même au temps des grands maîtres.

« Les cartons, tracés par lui-même (Michel-Ange) à la sanguine ou au fusain sur de grandes feuilles, étaient fixés au mur, puis on procédait au décalque en les tamponnant avec une ponce ou en versant de la poudre de charbon par de petits trous percés sur le carton pour y laisser un pointillé à relier ensuite au pinceau. (…) La surface à peindre dans la journée devait au préalable avoir été fraîchement enduite pour que les couleurs se fixent en séchant avec leur support, ce qui interdisait toute retouche, sinon en détruisant et en recommençant. Des garçons préparaient les couleurs en broyant les pigments (…) D’un seau à l’autre, l’homogénéité des couleurs se perdait, et si l’on découvrait le lendemain qu’elles s’étaient nuancées en séchant, tout était à recommencer. La prise du mortier variait selon la température et l’humidité, obligeant parfois à travailler plus vite ou plus longtemps, ou à tout reprendre si la surface avait séché. L’enduit même, composé à Rome de travertin et de pouzzolane, réagissait autrement qu’à Florence, où l’on y mêlait du sable de l’Arno. Le rouge au minium de cinabre et le vert à la résine de cuivre, bientôt corrompus au contact de la chaux, obligeaient à détruire le travail du jour. (…) On défaisait parfois plus qu’on avait fait, la fresque, au lieu d’avancer, reculait et se trouvait le lendemain moins étendue que la veille, ce qui décourageait. »

Aujourd’hui, les difficultés sont les mêmes. Nous nous limitons à des surfaces plus raisonnables… l’œuvre ci-dessous (32*46cm) a tout de même demandé presque 5 heures de travail sans pause.

Fresque un art par Minh Hanh Maudoux
http://fresquemoderne.wordpress.com

Sculpture du jardin de Boboli, 2011, étude sur place, 32*46

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