Tribute to Bronzino
Nous avons déjà évoqué dans des posts précédents la problématique du fond et de la forme. La « jeune fille à la fenêtre » présentée aujourd’hui, est une composition directement inspirée de la Sacra famiglia con san Giovannino de Bronzino. Revenons sur les méthodes artistiques du peintre.
Privilégier le « Comment » sur le « Quoi »
En bon florentin du 16e siècle, Bronzino pratique l’art de la référence, qui consiste à partir d’éléments existants et à leur faire subir de légères modifications de manière à en transformer l’effet final. Il en résulte que le spectateur, pour pouvoir comprendre l’allusion, doit être aussi un initié. Ainsi, loin de tendre à rester fidèle à la nature, l’art de Bronzino consiste prioritairement à imiter l’art.
Peinture contre sculpture, l’éternelle lutte des classes
Au jeu de celle qui l’emportera par une plus haute noblesse de statut (sujet qui donna lieu à de nombreux débats enflammés à cette époque), Bronzino justifie sa préférence pour la peinture en usant de trois artifices : la ligne, la complémentarité des points de vue, la couleur.
Aussi traite-t-il de façon linéaire toutes les limites, qu’il s’agisse des contours extérieurs des objets (silhouettes) ou de leurs formes intérieures (traits du visage).
Il pallie à l’impossibilité de «tourner » autour du sujet (comme on le ferait avec une sculpture) soit en étalant les corps dans la surface, soit en représentant plusieurs personnages dont les morphologies se « répondent », de manière à les faire se combiner en un seul et même corps, vu de face et de dos.
Enfin, l’impact d’une lumière réelle sur une sculpture ne produira jamais les changements de teinte que Bronzino multiplie dans les plissés des vêtements de ses personnages.
L’avis de Fresque moderne
Plus jeune, je croyais que le fond primait sur la manière de faire. Avec l’expérience et la pratique, il me semble que la forme et le savoir-faire supplantent toutes les idées, mêmes les meilleures. Pourquoi ne pas peindre de natures mortes ? A l’instar de Bronzino, je vous répondrais que le jugement esthétique est exempt de toute hésitation : le « beau » est à chercher dans l’art, plus que dans la nature.
Passages tirés de l’ouvrage de Maurice Brock, « Bronzino », Editions du Regard, 2002.
Fresque un art par Minh Hanh Maudoux http://fresquemoderne.wordpress.com

Publié par Fresque un art 







